Suivre les traces de maman Yvette

Suivre les traces de maman Yvette

Sylvie Potvin accompagnée des enfants parrainés par la Fondation Maman Yvette.

Crédit photo : Courtoisie

Sylvie Potvin, une entrepreneure originaire de La Pocatière, mettait sur pied récemment une fondation qui a pour but de parrainer de jeunes Africains pour leur donner accès à l’éducation. Nommée en l’honneur de sa mère, Mme Yvette Michaud-Potvin, la Fondation Maman Yvette permet actuellement à 36 petits Sénégalais de fréquenter l’école publique, et cela, depuis septembre dernier.

Mme Michaud-Potvin est décédée le 6 septembre 2015, à l’âge de 91 ans et 9 mois. Originaire de Rivière-du-Loup, elle a épousé M. Lucien Potvin de La Pocatière, en 1966. D’une grande générosité, Mme Yvette a passé sa vie à aider son prochain, sans jamais rien attendre en retour, comme le raconte sa fille unique, Sylvie Potvin. «Elle a commencé à travailler très jeune dans les hôpitaux. Au départ, c’était pour aider ses parents en ramenant des revenus supplémentaires à la maison. Plus tard, ce sera comme préposée aux bénéficiaires au Foyer Sainte-Anne-de-la-Pocatière auprès des personnes âgées, pendant 23 ans» mentionnait-elle.

Fort appréciée par tous ceux qui l’ont côtoyée, Yvette Michaud-Potvin aura été la dernière résidente à quitter la Résidence Hélène-Lavoie de Rivière-Ouelle, après l’annonce de sa fermeture. Elle y a passé de très beaux moments et chérissait particulièrement les sorties au bar laitier situé de l’autre côté de la rue.

La fondation

Suite au décès de sa mère, Sylvie a demandé à son entourage de remplacer l’envoi de fleurs par un don à l’organisme Osez voyager! qu’elle a elle-même fondé en 2012. «J’avais aucune idée à quelle utilité servirait l’argent amassé», confiait-elle, bien candidement. Toujours à la recherche de nouveaux défis et s’inspirant de la générosité de sa mère, Sylvie a décidé d’utiliser la somme récoltée pour mettre en place les bases d’une nouvelle fondation.

J’avais aucune idée à quelle utilité servirait l’argent amassé.

Nommée Fondation Maman Yvette, elle a pour but de trouver des parrains intéressés à prendre en charge les frais de scolarité d’enfants africains fréquentant l’école primaire publique. De plus, elle vise à s’assurer que les établissements que fréquentent ces enfants disposent des fournitures scolaires nécessaires et à l’amélioration des infrastructures des différentes écoles. «Même si les frais de scolarité sont minimes dans les pays d’Afrique de l’Ouest, trop d’enfants ne vont toujours pas à l’école parce qu’ils n’ont pas les moyens. L’éducation, c’est un passeport pour sortir de l’ignorance», de préciser Sylvie Potvin, bien au fait du contexte socioéconomique qui prévaut dans ces pays, notamment au Sénégal.

Le parrainage

À la suite de la mise sur pied de la Fondation Maman Yvette au printemps 2016, 36 petits Sénégalais ont désormais accès à l’éducation dans deux écoles primaires publiques, depuis septembre dernier. L’an prochain, ils seront plus d’une soixantaine dans quatre écoles différentes, et cela, malgré une formule de parrainage peu dispendieuse. «Ça implique seulement un investissement de 20 $/année pour le parrain. C’est beaucoup moins cher que d’autres formules de parrainage mieux connues qui fonctionnent sous le principe du 1 $/jour», d’indiquer Sylvie Potvin. Ces faibles coûts, elle les justifie notamment par l’absence de frais d’administration. «J’ai deux dames bénévoles retraitées qui travaillent avec moi pour le moment.»

Dans les dernières semaines, Sylvie Potvin s’est rendue au Sénégal rencontrer les enfants parrainés par sa fondation. Des photos ont été prises avec eux et seront envoyées prochainement aux parrains. Elles figureront également sur le site internet de la Fondation Maman Yvette. «De nommer une œuvre caritative en son nom me rend extrêmement fière, car donner au suivant comme elle a toujours fait, c’est la meilleure façon de lui rendre hommage», de conclure Sylvie Potvin.