Sophie Pelletier : plus pop et plus engagée

Sophie Pelletier : plus pop et plus engagée

Le 2e album de Sophie Pelletier sortira au début de l’hiver.

Crédit photo : Courtoisie

Un soleil de plomb aspire les dernières gouttes de pluie tombée en matinée. Derrière ses lunettes fumées, un verre de blanc à la main, Sophie Pelletier a l’allure d’une vacancière. On cause en évitant de parler travail. Une phrase lancée au hasard nous ramène à l’ordre. Au milieu d’une journée de promotion bien chargée — elle arrive de Rimouski et prendra la route de Montréal aussitôt notre entretien terminé — l’auteure-compositrice-interprète aborde la sortie au début de l’hiver de son 2e album. Un projet emballant qui, d’ailleurs, la garde fort occupée.

En avril dernier, Sophie nous avait parlé de sa collaboration avec, entre autres, Fred St-Gelais à la musique et Gaële aux textes. Marc Dupré s’est ajouté depuis. «Il m’a envoyé une mélodie qui m’a inspirée et qui a ouvert la porte à d’autres collaborations avec lui», lance Sophie Pelletier. Elle a une vingtaine de chansons parmi lesquelles elle compte tirer «la crème de la crème». Sept ou huit sont déjà assurées de faire partie de l’album. L’arrivée de Marc Dupré lui donne le goût d’en écrire d’autres afin de pouvoir faire le meilleur choix possible.

Cet été, Sophie travaille surtout aux arrangements avec son équipe. «Quand le texte est solide, que la mélodie est solide, il y a les arrangements qui rendent la chanson originale», dit-elle. Un camion s’amène dans un train d’enfer. Sophie fait une pause. On le regarde passer.

«C’est nouveau pour moi de penser aux arrangements, mais c’est ce qui peut faire la différence entre une chanson qui sera retenue et une autre qui sera rejetée», reprend l’artiste.

Côté pop-rock

Pour ce qui est de la sonorité, Sophie a décidé d’assumer davantage son côté pop-rock, ce qui donne, dit-elle, des chansons plus radiophoniques. Le désert, la tempête misait plutôt sur le folk. Le premier extrait du 2e opus, Bouteille à la mer, bien accueilli par le milieu et par le public, offre un solide avant-goût de cette direction que veut adopter Sophie Pelletier. Dans la suite de Sarah sans sourire que les gens ont découvert avec son passage à Star Académie.

Qu’en sera-t-il des textes? Là encore, Sophie a choisi de mettre en lumière son côté plus engagé. Elle prendra position sur des thèmes qui la préoccupent. «Bouteille à la mer parle de la prostitution juvénile, des escortes. Je vais aborder d’autres sujets de société. Ce qui s’est passé avec les attentats va transparaître dans quelques-uns de mes textes», raconte Sophie Pelletier. La jeune femme est à l’affût de ce qui arrive sur la planète, s’intéresse à la politique. «J’essaie de lire La Presse chaque matin», dit-elle convaincue que les artistes ont une mission sociale. Et bien sûr, l’amour sera aussi un thème important dans son nouvel album.

Le plaisir d’écrire

Même si Gaële intervient sur chacun des textes, c’est Sophie qui rédige le premier jet et qui décide des thèmes. «Gaële m’oriente et je les retravaille», dit-elle. La Riveloise raconte avoir plus de plaisir à écrire maintenant que pour Le désert, la tempête où ce processus était plus ardu. «Je trouvais ça dur, je n’avais pas confiance en moi. Je voyais cela comme un gros travail.» Sophie rédige avec son dictionnaire de rimes à ses côtés.

«Je me fais un champ lexical et je compose une banque de rimes reliée à mon champ lexical. Ça rend les choses plus simples et plus efficaces. Je tripe quand je m’assois pour écrire une chanson», dit-elle.

Au plan personnel, elle se dit plus confiante, plus sûre d’elle. «Je sais que je suis à la bonne place», affirme-t-elle. Enracinée dans son coin de pays, Sophie Pelletier y retourne régulièrement pour sa famille et ses amis. «Si ce n’était du travail qui me force à rester à Montréal, je reviendrais m’installer dans la région, ou à Québec pour être plus proche d’eux», dit-elle.

Au plan professionnel, Sophie Pelletier est fière du chemin parcouru depuis sa sortie de l’Académie en 2012. Son premier album a été appuyé par les radios. Il a donné lieu à une soixantaine de spectacles.

«Ce qui me manque, c’est quelques apparitions à la télévision», souligne-t-elle, consciente de l’importance de ce médium.

Heureuse de pouvoir vivre de sa musique, elle ne ferme surtout pas la porte «au succès planétaire.»

En spectacles

Cet été, Sophie participera à une série de spectacles avec le ROSEQ. Elle sera aussi du Festival de montgolfière de Saint-Jean-sur-Richelieu. En août et septembre, elle présentera quatre spectacles de rodage à Saint-Jean-Port-Joli, Saint-Pacôme, Montmagny et Notre-Dame-du-Lac. Au début de l’automne, elle entrera en enregistrement pour l’album.

Le temps file et Sophie doit bientôt reprendre la route. Au moment de conclure l’entrevue, le soleil sorti d’un nuage qui le voilait a brusquement éclairé le visage de Sophie. N’est-ce pas lui qui fait briller les étoiles?