Un regroupement pour faire avancer la recherche sur les mycotechnologies

Un regroupement pour faire avancer la recherche sur les mycotechnologies

De gauche à droite : Agathe Vialle, Marie-Pierre Dufresne, Marie-Eve Proulx, ministre déléguée au Développement économique régional, ministre responsable des régions de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine et députée de Côte-du-Sud, Marie-Claude Deschênes et Pascale Malenfant, codirectrice à l’innovation et au transfert mycotechnologique.

Crédit photo : Maxime Paradis

Le Cégep de La Pocatière et son centre de transfert de technologie (CCTT) Biopterre mettent sur pied le Regroupement pour l’Innovation Fongique (RIF). Ce dernier, qui a pour but de développer et d’intégrer les mycotechnologies (champignons), dans les produits et procédés industriels, vient positionner la région comme pôle d’innovation d’importance dans ce domaine au pays.

Pour la mise en place de ce nouveau regroupement, le Cégep et Biopterre obtiennent un financement global de plus de 5,4 M$, dont 2 M$ provenant du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), un apport de 1,95 M$ de l’industrie et de la communauté et 1,5 M$ de la Fondation canadienne pour l’innovation et du ministère de l’Économie et de l’Innovation.

Outre la mise en place du Regroupement, une partie du financement doit servir au développement d’infrastructures de recherche au Cégep de La Pocatière et chez Biopterre. À terme, un projet d’usine-pilote doit aussi voir le jour. « Par contre, il reste encore quelques ficelles à attacher », de préciser Marie-Pierre Dufresne, directrice générale de Biopterre.

Fonctionnement

Précisément, le RIF doit axer davantage ses interventions en recherches appliquées pour les secteurs de la construction, des services en environnement et le milieu horticole. À plus long terme, les secteurs médicaux et pétrochimiques doivent s’ajouter.

Selon la directrice scientifique de Biopterre, Agathe Vialle, l’Amérique du Nord et l’Europe accuseraient un certain retard à l’heure actuelle au chapitre de la recherche appliquée entourant les mycotechnologies. Pourtant, ces dernières peuvent servir à différentes fins, comme la création de styromousses biodégradables, de cuirs 100 % vegan ou même être utilisées pour résorber la présence d’hydrocarbures dans la nature. « Il y a toute une nouvelle génération d’entrepreneurs qui désirent développer des mycoproduits au pays. C’est un secteur qui présente de belles opportunités de croissance pour plusieurs entreprises et qui sera générateur d’emplois dans le futur », d’indiquer la directrice scientifique.

Ainsi, avec le RIF, le Cégep de La Pocatière et Biopterre désirent rendre accessible à des entreprises parfois plus petites le domaine de la recherche appliquée autour des mycotechnologies. « Un réseau de membres se mettra également en place afin d’optimiser les collaborations entre les chercheurs et les entreprises concernées », d’ajouter Agathe Vialle.

Cégep

Pour le Cégep de La Pocatière, la mise en place du RIF sera l’occasion de faire participer des étudiants à des projets de recherches appliquées, à l’image de ce qu’on peut voir au niveau universitaire. « On a mis en place un programme dans lequel les étudiants combineront leurs études avec une participation aux recherches du RIF, sous la supervision des professionnels de Biopterre. Ce temps de travail sera accompagné d’une reconnaissance des acquis dans le cadre de leur cursus scolaire. Ça aussi c’est très innovateur pour le milieu collégial », de mentionner la directrice générale du Cégep de La Pocatière, Marie-Claude Deschênes.

Au total, une vingtaine d’étudiants auraient postulé pour faire partie de ce programme dès l’automne prochain. Trois ont été retenus, tous étudiants en techniques de bioécologie.