Partir pour les États-Unis ? Voilà la question

Partir pour les États-Unis ? Voilà la question

Carte postale de la gare de Nashua (New Hampshire), vers 1900.

Crédit photo : WikiCommons

Il fut une époque où l’on pouvait entrer aux États-Unis sans un visa, un permis de travail ou un passeport. Les frontières américaines ont permis à un grand nombre d’habitants des comtés de la Côte-du-Sud d’émigrer aux États-Unis à partir des années 1840.

Yves Hébert

Entre 1884 et 1925, on assiste à une véritable saignée démographique sur la Côte-du-Sud. Durant cette période, 2184 familles quittent le comté de Kamouraska pour les États-Unis. Dans L’Islet, l’émigration touche 1306 familles. Ayant connu une augmentation spectaculaire des naissances, la région n’a pu absorber le surplus de population. Ainsi durant cette période, 6374 jeunes du comté de Kamouraska et 3261 autres provenant du comté de L’Islet quittent leur foyer pour les États-Unis. Presque toutes les paroisses sont touchées par l’émigration aux États-Unis

Une centaine de Saint-Denis de Kamouraska se retrouvent notamment à Nashua au New Hampshire. Cette petite ville en plein essor industriel verra croître une importante communauté canadienne-française. Même les paroisses de colonisation comme Saint-Onésime et Sainte-Perpétue sont frappées par l’émigration. Dès 1848, plusieurs jeunes de La Pocatière partent pour le Michigan. Mont-Carmel connaît une saignée migratoire phénoménale durant cette période.

Des familles du comté de L’Islet vont entre autres s’établir à Woonsocket au Rhode Island.  Paul Proulx et Agathe Allaire, de Saint-Marcel, s’y établissent en 1844. Celles du comté de Kamouraska se retrouvent entre autres à Brunswick, Bath et Biddeford dans le Maine. L’État leur offre des terres gratuitement.  En 1930, 70 % de la population de Biddeford est d’origine canadienne-française.

Plusieurs habitants de la région travaillent pour un temps dans les filatures de coton, mais reviennent par la suite. Un peu plus de mille familles reviennent dans Kamouraska et L’Islet entre 1884 et 1925. Aujourd’hui, les généalogistes nous permettent de reconstituer le parcours de plusieurs de ces familles établies en Nouvelle-Angleterre.