Les moulins à scie, un moteur économique d’importance

Les moulins à scie, un moteur économique d’importance

Le moulin à scie des frères Plourde à Saint-Pacôme.

Crédit photo : Raymond Boutet, 1951 (Archives de la Côte-du-Sud et du collège de Sainte-Anne).

À la fin du XIXe siècle presque, toutes les paroisses du piémont des Appalaches possèdent leur moulin à scie. Bordant généralement une rivière, ces premières industries ont joué un grand rôle dans le développement des centres de colonisation de la Côte-du-Sud.

Yves Hébert

Les localités du sud du comté de Kamouraska ont particulièrement été favorisées par l’exploitation forestière. Les entrepreneurs liés entre autres aux familles King et Plourde ont contribué à l’ouverture d’importantes scieries.

Ayant acquis des concessions forestières sur des propriétés de la compagnie Power Lumber en 1934, Michel Plourde et ses trois frères Albert, Joseph et Alfred mettent en opération un moulin dans le canton Painchaud et un autre en 1936 au lac de L’Est. Reconstruit à deux reprises à la suite d’incendies celui du lac de L’Est sera démoli en 1960. Les Plourde en exploitent un autre à Saint-Pacôme. À la fin des années 1930, ils possèdent l’une des plus importantes compagnies d’exploitation forestière dans la région. À la même époque, 39 moulins à scie sont en activité dans le comté de Kamouraska.

Dans L’Islet, l’ouverture du chemin Elgin entre 1854 et 1859 favorise l’ouverture de plusieurs paroisses. Dans les années 1930 à Sainte-Perpétue, les scieries de Philias Chouinard, d’Auguste Dubé, de Gustave Lord et de Georges Bérubé vendent leur bois à des grands commerçants de Québec et de la province. À la même époque, Saint-Pamphile en compte cinq dont la Rock River Lumber Co. Dans plusieurs municipalités les petites scieries répondent aux besoins des cultivateurs. Certains propriétaires revendent leur production à la fonderie de L’Islet. Au nombre de 46 à la fin des années 1930, les moulins à scie du comté fournissent du travail à plus de 200 hommes. L’ouverture de ces petites entreprises forestières a d’ailleurs permis à de nombreux cultivateurs de subvenir à leurs besoins. Car la terre rocailleuse du territoire du piémont a souvent été difficile à exploiter.