Le long voyage des oies blanches

Le long voyage des oies blanches

Texte: Benoit Gendreau

L’oie blanche est un oiseau migrateur qui parcourt annuellement plus de 8 000 km afin de compléter son cycle vital. L’aspect migrateur de ce gibier doit occuper une place importante dans la tête des chasseurs. Cet aspect influence grandement les opportunités de chasses selon les régions où l’on se trouve au Québec. C’est cet aspect qui guide les oies dans leurs déplacements. Un secteur peut être rempli d’oies un soir et le lendemain matin, leur nombre est réduit à quelques centaines d’individus simplement parce que les conditions pendant la nuit étaient favorables à leur déplacement. Il faut donc être prêt lorsqu’elles se pointent le bout du bec dans votre secteur de chasse. Voici une carte générale du parcours migratoire des oies:

Comme vous pouvez le constater en regardant la carte, les oies se déplacent beaucoup au cours d’une année. L’hiver, elles se rassemblent sur la côte Est des États-Unis (Caroline du Nord, Virginie, Delaware, Maryland, New Jersey). Selon la carte, elles se concentrent vraiment près de la côte, mais nous pourrions facilement doubler la superficie occupée par la couleur verte. Depuis qu’elles s’alimentent dans les terres agricoles, elles s’aventurent plus loin à l’intérieur des terres que ce soit au Québec ou sur la Côte Est Américaine.

Au printemps, au fur et à mesure que les journées s’allongent et que la neige fond, elles remontent vers le nord. Elles utilisent deux corridors migratoires. Le premier est situé à l’ouest. Il les mènera au sud du lac Ontario pour ensuite les amener dans le secteur de Valleyfield. Le deuxième, un peu plus à l’est, passe par la vallée du fleuve Hudson aux États-Unis jusqu’au Nord du lac Champlain au Québec et ensuite, c’est la rivière Richelieu qui les mènera jusqu’au fleuve St-Laurent. De là, ces deux corridors n’en font qu’un qui se nomme le fleuve St-Laurent.

Vers le milieu du mois de mai, elles vont quitter la vallée du St-Laurent pour se rendre dans l’Arctique. C’est là qu’elles vont passer l’été, entre autres, pour se reproduire, élever leurs jeunes et remplacer (muer) leurs plumes. Au début de septembre, elles entament leur migration vers le sud qui se terminera sur la Côte Est Américaine vers la fin du mois de décembre.

Les corridors empruntés lors de leurs déplacements printaniers ne sont pas les mêmes qu’en automne. Le chasseur d’oies au printemps doit donc prendre ces différences en compte s’il désire obtenir du succès.

Pour terminer, j’aimerais simplement ajouter que lorsque vous avez l’occasion d’observer des oies évoluer dans leur environnement naturel, prenez des notes sur ce qui influence leurs déplacements (avion, hélicoptère, machinerie agricole, chasseur à l’approche, coyotes, etc…), comment étaient-elles positionnées dans le champ lorsqu’elles s’y sont posées( faire la même observation à chaque demi-heure par exemple), la densité des oies (très dense, dense, peu dense, très peu dense, occupe toute l’espace disponible dans le champ), ce qu’elles font (mangent, marchent beaucoup, dorment, boivent, font de courts vols pour atteindre un certain secteur du champ ou un champ voisin, etc…). N’hésitez pas à faire des croquis du secteur où vous faites de l’observation. Plus vous accumulerez d’informations sur les oies et sur le secteur où vous chassez, plus vous aurez de chance de faire de belles chasses.

Pour en savoir d’avantage sur les oies blanches : http://www.migrationdesoies.ca