Locomotives, colonisation et feux de forêt

Locomotives, colonisation et feux de forêt

Une des tours à feu au sud du comté de L’Islet.

Crédit photo : Archives de la Côte-du-Sud et du Collège de Sainte-Anne, Fonds Noel Blanchet.

Humaniser les nouveaux territoires au XIXe siècle comporte certains risques. Celui entre autres des feux de forêt. La Côte-du-Sud n’est pas épargnée par ces événements malheureux.

Yves Hébert

Pour détecter rapidement un brasier avant qu’il ne se propage, le gouvernement du Québec, via son nouveau service de protection des forêts, érige des tours à feux en métal à partir de 1910. Surplombant le paysage forestier, les tours comprennent une petite cabine d’observation et pour certaines, une ligne téléphonique. Celle de Saint-Pamphile semble avoir été utilisée par les garde-feux canadiens et américains. Celle du canton Chapais construite en bois en 1928 est hautement stratégique. Elle s’élève à plus de 2220 pieds. Mais elle est remplacée en 1941 par une tour en métal d’une soixantaine de pieds de hauteur. Dans L’Islet, on en érige une autre dans le canton Arago pour surveiller les limites des propriétés forestières des Price et des Power.

La création en 1917 de la Southern St.Lawrence Forest Protective Association, qui couvre la Côte-du-Sud, le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, permet aux marchands de bois de se donner un cadre de prévention et de détection par l’engagement de garde-feux. Parmi ses premiers administrateurs, on y trouve William-Gérard Power, le président de la Power Lumber Co à Saint-Pacôme. Et parmi ses membres, la Riviere Ouelle and Lumber Co et le marchand Flavien Chouinard de Saint-Pamphile.

Sur la Côte-du-Sud, les feux de forêt sont provoqués accidentellement par les colons. Mais aussi par les locomotives d’où s’échappent des résidus de charbon. Des agents sont alors engagés pour faire des patrouilles le long du chemin de fer. Le 17 août 1926, un feu se propage à Pohénégamook. Il est contrôlé en deux jours par 60 volontaires. Le 29 mai 1934, une partie des terres forestières des Power dans le canton Ixworth est la proie des flammes. Durant deux semaines, près de 500 hommes sont sollicités pour combattre l’élément destructeur. La même année, l’une des premières stations météorologiques à émettre un indice d’inflammabilité est installée dans la réserve de Parke.