L’Islet pourrait ne pas avoir besoin du bac brun

L’Islet pourrait ne pas avoir besoin du bac brun

La MRC de L’Islet pourrait ne pas avoir recours au bac brun pour la collecte de ses matières putrescibles et organiques.

Crédit photo : Elevate (Unsplash.com)

La MRC de L’Islet, qui n’a toujours pas implanté de collecte de matières putrescibles sur son territoire, pourrait ne pas avoir besoin du bac brun. Les conclusions d’une étude réalisée par le Centre de recherche industriel du Québec (CRIQ) sur un nouveau procédé de traitement des déchets seront déterminantes à ce sujet.

Implantée dans l’ensemble des municipalités du Kamouraska, la collecte des matières putrescibles et organiques fonctionne depuis 2015 sous le principe d’une troisième voie indépendante (bac brun), à même titre que le recyclage (bac bleu) et les déchets (bac vert). Le fruit de la matière récoltée est envoyé à l’usine de biométhanisation de Rivière-du-Loup et doit servir à produire du biogaz (gaz naturel liquéfier), dont le résultat se fait toujours attendre.

Dans L’Islet, il n’est pas exclu que les maires de la MRC emboîtent le pas avec une troisième voie. Avant, ils attendent de connaître les résultats d’une étude menée par le CRIQ sur le traitement mécanobiologique (TMB) des déchets, étude à laquelle collaborent également d’autres MRC du Québec. « Le TMB est un procédé qui permettrait d’utiliser seulement le bac vert, mais où les déchets seraient ensuite triés mécaniquement pour séparer ce qui doit être enfuis de ce qui peut être composté », d’expliquer Patrick Hamelin, directeur général de la MRC de L’Islet.

« L’enjeu de la 3evoie, c’est principalement l’argent. Les municipalités qui l’ont implantée ont vu une hausse de 25 %, en moyenne, des coûts reliés à la collecte de leurs déchets. » – Patrick Hamelin

Ce procédé aurait pour avantage de permettre une participation maximale des gens, étant donné que ceux-ci n’auraient pas à faire le tri à la source. « Dans les municipalités qui utilisent le bac brun, on voit qu’il y a des gens encore réfractaires à l’utiliser à cause des désagréments occasionnés par les résidus de viande et de fruits de mer (NDLR : Possibilité de vers blancs en été) », a-t-il ajouté.

Reste maintenant à savoir si la technologie fonctionne bien et si la matière organique qu’elle tirera permettra de produire un compost de qualité. Si c’est le cas, la technologie devra également être approuvée par le gouvernement. « L’enjeu de la 3evoie, c’est principalement l’argent. Les municipalités qui l’ont implantée ont vu une hausse de 25 %, en moyenne, des coûts reliés à la collecte de leurs déchets », d’indiquer Patrick Hamelin.

Le TMB permettrait l’utilisation d’un seul bac, donc le maintien de seulement deux collectes. Toutefois, si les résultats de l’étude ne sont pas concluants, les maires de L’Islet n’auront d’autres choix que d’instaurer une collecte à trois voies, de reconnaître Patrick Hamelin. Dans tous les cas, une décision sera prise cette année en 2019, a-t-il assuré. « Au départ, le gouvernement nous donnait jusqu’en 2020 pour éliminer les matières putrescibles et organiques de l’enfouissement, mais suite à la pression politique de certaines MRC, la date a été repoussée en 2022. On a encore du temps, mais c’est sûr que dès l’an prochain nous irons de l’avant avec l’une ou l’autre de ces options », concluait-il.