Le lin, une culture dominante dans Kamouraska depuis 300 ans

Le lin, une culture dominante dans Kamouraska depuis 300 ans

Le peignage du lin à Saint-Denis de Kamouraska en 1936.

Crédit photo : Photo Horace Miner, Archives de la Côte-du-Sud et du collège de Sainte-Anne.

Le Kamouraska pourrait bien être considéré comme l’une des régions pionnières dans la culture du lin au Québec. Cette plante herbacée très utile pour les fibres qu’on en tire est cultivée depuis le début du Régime français.

Yves Hébert

Sur la Côte-du-Sud, on récolte le lin depuis plus de 300 ans et sa production est supérieure aux autres régions de la colonie avant 1760. Elle connaît une augmentation spectaculaire entre 1721 et 1739, passant de 4700 livres de lin à 21 635 livres. Ce n’est donc pas un hasard si le comté de Kamouraska poursuit sa progression dans la culture du lin dans les décennies suivantes.

Une étude réalisée par l’historien Fernand Harvey et l’ethnologue Sophie-Laurence Lamontagne sur l’histoire de la production textile domestique révèle que Kamouraska est le comté qui récolte le plus de lin dans la province en 1891. Le comté de Kamouraska est le deuxième plus important producteur de cette fibre au Québec en 1891 avec 36 735 verges de toile.

Le succès de la culture du lin s’explique aussi par des initiatives originales. En 1938, une linerie coopérative est mise sur pied à La Pocatière par son école d’agriculture homonyme. Elle compte alors sur une cinquantaine de cultivateurs des comtés de L’Islet et Kamouraska pour alimenter son usine de broyage. Portant le nom de Linerie Coopérative de Kamouraska, plus de 400 cultivateurs contribuent à son succès au début des années 1940. Une autre est également ouverte à Saint-Alexandre. S’inspirant de la linerie coopérative de Beaujeu dans Soulanges, elle permet à des agriculteurs de se regrouper pour la culture et la production de filasse. L’écorçage, le taillage et la mise en marché du lin y sont réalisés. D’autres lineries coopératives verront le jour au Québec, notamment à Plessisville et à Saint-Charles de Caplan. Ajoutons qu’en 1947, le prêtre cinéaste de La Pocatière Maurice Proulx réalise un documentaire intéressant sur la culture du lin du Canada.