Les premières écoles de la Côte-du-Sud, une guerre de religion ?

Les premières écoles de la Côte-du-Sud, une guerre de religion ?

La maison de l’école de l’Institution royale à Saint-Roch des Aulnaies bâtie vers 1811.

Crédit photo : Archives de la Côte-du-Sud et du Collège de Sainte-Anne.

Au début du XIXe siècle, le besoin d’ouvrir de petites écoles se fait sentir dans plusieurs paroisses du Bas-Canada. En 1801, L’Acte pour l’établissement d’écoles gratuites et l’avancement des sciences est adopté et permet l’ouverture d’écoles gratuites dites de l’Institution royale. Comment a été reçue cette première initiative d’instruction publique de l’État ?

Yves Hébert

Sur les 45 écoles royales ouvertes au Bas-Canada, 17 d’entre elles se retrouvent dans des paroisses francophones, dont sept sur la Côte-du-Sud. La première est ouverte à Rivière-Ouelle en 1803. François Malherbe, premier maître dans cette école, reçoit même l’appui du curé Bernard Claude Panet pour enseigner aux enfants. D’autres écoles sont ouvertes dans la région : celles de Kamouraska en 1806, L’Islet en 1810 et Saint-Roch-des-Aulnaies en 1812. Le seigneur Pascal Taché de Kamouraska est l’un de ceux qui participent à l’amélioration de l’instruction dans ces petites écoles grâce notamment à un groupe d’inspecteurs d’écoles.

Ayant résisté à l’implantation de telles écoles durant une dizaine d’années, Sainte-Anne-de-la-Pocatière accueille sa première école de l’Institution royale sous l’impulsion du seigneur Laughlin Smith (1736-1823) et de notables de la paroisse. Ouverte le 9 janvier 1812, son premier titulaire est Robert Dupont jusqu’en 1822. Il sera remplacé par William Houston de 1824 à 1826. Même si le curé Charles-François Painchaud est officiellement contre l’Institution royale, il collabore d’une manière non officielle à l’organisation de cette école dans sa paroisse.

L’implantation des Écoles de l’Institution royale destinées à tous, eu égard à la langue ou à la religion, ne s’est pas faite sans heurts. Dans une lettre adressée au curé Jacques Panet de L’Islet en 1815, l’évêque de Québec Mgr Joseph-Octave Plessis montre qu’il n’est pas trop favorable aux idées nouvelles liées à la démocratie et à la liberté. Comme l’ont rapporté plusieurs historiens, ce projet louable en soi, avait comme intention de protestantiser et d’angliciser la population canadienne-française.