L’enregistrement des armes à feu est maintenant obligatoire au Québec

L’enregistrement des armes à feu est maintenant obligatoire au Québec

Depuis le 29 janvier, la Loi sur l’immatriculation des armes à feu est entrée en vigueur au Québec.

Crédit photo : Courtoisie Louis Turbide

Depuis le 29 janvier, la Loi sur l’immatriculation des armes à feu est entrée en vigueur au Québec. Nous devenons ainsi la première province canadienne à se doter d’un tel registre des armes d’épaule depuis l’abolition du registre fédéral en 2012.

Malgré que j’aie une profonde empathie pour toutes les victimes des horribles drames impliquant des armes à feu survenus au Québec, je demeure convaincu que ce registre n’est qu’un écran de fumée servant à satisfaire l’opinion publique, ou à tout le moins, ceux qui l’ont demandé avec insistance.

Le permis de possession et acquisition fédéral d’arme à feu qui existe depuis des lunes permet de savoir qui possède des armes à feu. De plus, ce permis peut être en tout temps retiré à une personne jugée trop dangereuse et ses armes saisies. Tout comme pour un alcoolique, est-il plus important de savoir combien il a de voitures ou d’avoir un processus établi pour lui retirer son privilège de conduire?

Personnellement, je crois que la même logique aurait dû s’appliquer relativement au contrôle des armes à feu au lieu de gaspiller les fonds publics. Ainsi des centaines de milliers d’honnêtes chasseurs se voient imposer des mesures de contrôle supplémentaires comparativement à tous les autres chasseurs ailleurs au Canada.

Connaître la présence?

Dans le communiqué émis en décembre dernier concernant la création de ce registre, il est clairement stipulé que l’immatriculation des armes à feu sans restriction permettra aux autorités publiques d’en connaître la présence sur le territoire du Québec, ce qui servira à appuyer les agents de la paix dans leur travail d’enquête, ainsi que lors de leurs interventions. Cela signifie-t-il que tout chasseur possédant une arme à feu pourrait être considéré comme un suspect potentiel s’il survenait un crime violent près de chez lui? J’espère que non, mais j’ai bien peur que oui! En tant que chasseur, avec la création de ce registre provincial, j’ai le sentiment d’être considéré par le gouvernement provincial comme un criminel jusqu’à preuve du contraire ou comme un citoyen de second ordre qu’il faut avoir à l’œil encore plus que les organisations criminelles qui font la pluie et le bon temps. Ce n’est pas agréable du tout!

Malgré mon opposition à cette mesure dénoncée pour son inutilité et ses coûts exorbitants, il faut tout de même respecter le processus démocratique et j’enregistrerai donc toutes mes armes dans ce registre. En terminant, souhaitons tout de même que des drames comme ceux survenus à Polytechnique ou à la mosquée de Québec ne surviennent plus chez nous. N’hésitez pas à dénoncer un individu que vous jugez soudainement dangereux, qu’il soit propriétaire d’une arme à feu ou pas, car c’est bel et bien ce genre d’individu qui peut devenir une menace pour la société et non un objet inerte.

Comment enregistrer ses armes à feu

Les propriétaires d’armes à feu peuvent transmettre leurs demandes (immatriculation, avis de transfert et de modifications) de trois façons :

  • En ligne au https://siaf.gouv.qc.ca ;
  • À l’aide de formulaires pouvant être transmis par la poste;
  • Ou en communiquant avec le centre d’appels du Service d’immatriculation des armes à feu au numéro suivant : 1 888 335-9997 (sans frais)

Il est à noter qu’un propriétaire d’arme à feu a jusqu’au 29 janvier 2019 pour enregistrer ses armes. Passé ce délai, il peut être passible d’une amende pouvant varier entre 500 et 5000 $.