Le phare du Pilier de pierre a de nouveaux gardiens

Le phare du Pilier de pierre a de nouveaux gardiens

SAINT-JEAN-PORT-JOLI – Au large de Saint-Jean-Port-Joli se dresse, entre le Pilier de bois et la Roche à veillon, le Pilier de pierre sur lequel les Amis du Port-Joli font revivre l’histoire d’un phare construit en 1843. Le 22 septembre dernier, à bord de trois Zodiacs, les gardiens de ce lieu d’histoire ont accompagné les visiteurs pour exhiber la sauvegarde faite de cet emblème maritime.

Le phare date de 1843 et a été construit avec des pierres taillées par des prisonniers de l’Écosse. M. Jean Parent, président des Amis du Port-Joli, souligne que chacune des pierres était numérotée et transportée jusqu’à Québec, tout en servant de ballaste, pour ensuite prendre sa place sur le Pilier de pierre. Au cours de la construction, une centaine d’hommes a pris part aux travaux. C’est en 1960, en août, le jour de l’anniversaire du dernier gardien, que le phare a été abandonné. Pendant vingt ans, le phare s’est détérioré à cause des intempéries du fleuve. M. Parent rapporte que toutes les fenêtres étaient fracassées et que l’eau se frayait un chemin à travers les pierres et les portes. Pêches et Océans Canada ainsi que la Corporation des Amis du Port-Joli ont investi jusqu’à présent la somme de 63 000 $ pour en faire la réfection.

La Corporation a donc rénové les fenêtres, les portes, fait le jointage des pierres usées et refait la peinture extérieure du phare. La lumière du phare a été remplacée par une technologie alimentée par des panneaux solaires. « Dès la brunante, raconte M. Parent, le phare s’illumine de lui-même ». Parmi les autres travaux réalisés, notons le débarcadère, les échelles et la passerelle pour accéder au sommet du pilier en toute sécurité.


Les Amis du Port-Joli lors de l’expédition au phare du Pilier de pierre

Projets

La réfection du phare n’est pas terminée. Dès le printemps prochain, les graffitis laissés par les visiteurs en quête d’aventures seront recouverts et l’intérieur reprendra son cachet d’antan. De plus, le petit quai, qui a décidé de partir au large, sera refait. Dans un avenir rapproché, la Corporation veut reconstruire la maison du gardien qui a été détruite dans un incendie. Avec l’aide des photos prises à l’époque et des dessins d’intérieurs faits par l’un des descendants, M. Parent espère que le milieu pourra à nouveau s’approprier l’endroit et que les visiteurs pourront découvrir ce lieu de prédilection pour les pingouins du Saint-Laurent, qui eux connaissent bien l’endroit pour y faire leur nidification.


Les Amis du Port-Joli veulent reconstruire la maison du gardien qui jadis accompagnait le phare.

Une expédition et des souvenirs

Sur les lieux, deux descendants de gardiens du phare étaient présents pour partager leurs souvenirs. C’est sur cette île, où la solitude et le silence des eaux sont omniprésents, que M. François Bourgault, fils de M. Antonio Bourgault, dernier gardien, confie avoir surveillé la lumière du phare avec son paternel. « Jusqu’à minuit, c’est moi qui regardais par la fenêtre pour surveiller le phare. Ensuite, mon père prenait le relais », raconte-t-il. L’homme y a passé son adolescence et y construisait des petits bateaux de bois dans la boutique adjacente à la maison. C’est en terre connue que M. Bourgault se promenait aujourd’hui regrettant de ne pas pouvoir se rappeler tous les souvenirs qui y sont rattachés.

Le deuxième descendant, M. Sylvain Leclerc, est le petit-fils de l’avant-dernier gardien, M. Eugène Leclerc. Tout juste avant de partir sur le fleuve, M. Leclerc s’est rappelé les printemps où son grand-père partait de la marina, de la fonte des glaces jusqu’au gel, à bord de son embarcation pour aller y garder le phare. Lors de la visite, M. Leclerc, tout en admirant la vue du large, inspectait les chaînes au sommet du phare et tâtait la solidité des pierres ce qui lui donnait l’air d’être lui-même le gardien de cette île. Dans la prochaine année, la Corporation souhaite accueillir le plus grand nombre de membres, ce qui, pour M. Parent, permettra de mettre du poids dans la balance lors de l’attribution des subventions gouvernementales.