Une invention qui facilite le montage des métiers à tisser

Une invention qui facilite le montage des métiers à tisser

Armand Pelletier, Céline Pelletier et Candide Beaulieu.

Crédit photo : Maxime Paradis

Depuis mai dernier, les tisserandes du Cercle de fermières de La Pocatière peuvent compter sur l’aide mécanique d’un moteur imaginé par Armand Pelletier de La Pocatière pour le montage de leur métier à tisser. Véritable révolution pour les tisserandes, cette invention leur permet désormais de faire l’opération en solitaire.

Ouvrier agricole qui a toujours fait un peu de mécanique pour lui-même ou dans ses temps libres, Armand Pelletier n’avait jamais inventé de machine du genre. Conjoint de Céline Pelletier, coresponsable de la salle de tissage du Cercle de fermières de La Pocatière avec Candide Beaulieu, il a développé ce moteur à leur demande, selon leurs exigences. « Toutes les salles de tissage qui ont quelque chose du genre, c’est parce qu’ils l’ont fait développer sur mesure », d’expliquer Candide Beaulieu.

Une fois que l’idée lui a été soumise, Armand Pelletier a fait ses devoirs en allant voir ce qui existait de similaire. « Je me suis inspiré d’un moteur du même genre développé par un ami à la salle de tissage de Saint-Pacôme. J’ai raffiné l’idée et j’ai sollicité l’aide d’un électricien, Tommy Bélanger, pour la réaliser », d’indiquer M. Pelletier.

Ainsi, son invention comprend un moteur et un réducteur relié à un contrôleur électronique qui permet d’en ajuster la vitesse. Le moteur est installé sur une base portative et ajustable qui servait autrefois d’appareil hospitalier. Une fois la bonne hauteur obtenue (NDLR : les métiers ne sont pas tous de la même hauteur), le moteur s’accroche au métier à tisser avec un système de douilles développées par Armand lui-même et interchangeables afin de s’adapter aux 11 métiers disponibles à la salle de tissage. Le tout est relié à une pédale sur laquelle la tisserande appuie pour démarrer le moteur, comme le ferait une couturière avec un moulin à coudre. « C’est fantastique! Ça serait inimaginable de revenir en arrière », de déclarer Candide Beaulieu.

Avantages

Opération essentielle pour quiconque se lance dans un projet de tissage, le montage du métier à lui seul nécessitait auparavant l’intervention d’au moins deux personnes. Une devait rouler les fils alors que l’autre s’occupait de surveiller leur positionnement. « Aujourd’hui, nous sommes toutes capables de rouler notre métier toute seule », d’ajouter Céline Pelletier.

En plus, l’opération est beaucoup moins exigeante physiquement, d’ajouter Candide Beaulieu. « Le temps n’est pas tant diminué dans le montage du métier, mais c’est plus régulier que de tourner à la main. Parfois, on pouvait être amenée à faire 200 tours par largeur de 100 pouces. C’était fatigant », s’exclame-t-elle.

Installé depuis mai dernier, ce petit moteur n’a coûté pas plus de 1300 $ à développer pour le Cercle de fermières de La Pocatière. Le tout a pu être payé à même l’argent restant du programme fédéral « Nouveaux horizons pour les aînés », le reste ayant servi à l’achat d’un nouveau métier à tisser et le remplacement de pièces devenues désuètes sur les autres.