Ferme Lémidra : la vie après l’incendie

Ferme Lémidra : la vie après l’incendie

Denis Lévesque, à gauche, et son fils Félix, à droite.

Crédit photo : Maxime Paradis

L’été dernier, dans la nuit du 25 au 26 août, cinq générations d’histoire familiale partaient en fumée à Mont-Carmel. La ferme du maire de la municipalité, Denis Lévesque, était la proie des flammes. Perte totale, ce sont entre 115 et 120 vaches holsteins, dont une soixantaine de vaches de traite, qui périssaient. Près d’un an plus tard, la vie a repris son cours pour la famille Lévesque et la Ferme Lémidra, elle, renaît tranquillement de ses cendres.

Pour Denis Lévesque, quand on est agriculteur, on est un peu philosophe. On philosophe sur la vie, sur la météo et même après un incendie. « Personne n’est mort, personne n’a été blessé lors du feu. C’est ça le plus important », confiait-il.

Parce qu’il y a près d’un an, lorsque le feu s’est déclaré à la Ferme Lémidra, Denis Lévesque et sa conjointe, Louise Rivard, vivaient désormais dans la maison voisine, à quelques centaines de mètres de la ferme et de la maison familiale, qui elle était occupée par leur troisième fils, Félix. « Je voyais le feu au loin sur les bâtiments de ferme et quand je me suis approché, j’ai vu que le feu s’était répandu sur le revêtement extérieur de la maison. J’espérais que mon fils soit sorti à temps. Comme il est pompier à Mont-Carmel, je n’ai pas tardé à le repérer en train de s’habiller pour aider ses collègues à combattre les flammes », de raconter le maire.

Faire son deuil

L’incendie n’a rien laissé. Tout le troupeau a péri, le bâtiment principal a été complètement ravagé, la maison familiale a été en partie touchée et les silos ont dû être détruits dans les jours suivant l’incendie. « C’est plusieurs deuils à faire, mais les animaux, c’est probablement le plus difficile. On les voit naître, on les nourrit, on s’en occupe, on les brosse pour qu’ils soient beaux dans les expositions. On y est très attaché », d’expliquer Denis Lévesque.

Qu’est-ce que tu dis à ton plus jeune fils qui est inquiet et qui se demande ce qu’on va faire, maintenant qu’on a plus de revenus?

Mais grâce à la solidarité des gens du milieu, qu’il qualifie d’exceptionnelle, Denis Lévesque et sa famille ont été en mesure de surmonter cette épreuve. Il se dit également très reconnaissant envers le soutien apporté par la compagnie d’assurance. « Qu’est-ce que tu dis à ton plus jeune fils qui est inquiet et qui se demande ce qu’on va faire, maintenant qu’on a plus de revenus? Tout ce que la compagnie d’assurance nous a dit a permis de rassurer nos enfants, mais nous également. »

Reconstruire

Malgré le deuil, Denis Lévesque raconte que le côté entrepreneur n’a pas tardé à revenir suite à l’incendie. Avant le drame, il planifiait des investissements importants à la Ferme Lémidra. Ils prendront finalement une ampleur un peu plus grande. « Notre fils s’était déjà montré intéressé à prendre la relève. L’après-incendie est venu officialiser tout ça et Félix s’est beaucoup investi dans le projet de reconstruction », d’indiquer le père de famille.

Alors qu’il regardait les gens s’activer sur le chantier, avant le congé de la construction, déjà on sentait l’impatience de Denis Lévesque quand à la reprise des activités à la Ferme Lémidra. La construction, qui a débuté en mai, doit être compétée en septembre. « Mais il y a 30 jours en septembre », rappelait-il. Une fois la construction terminée, la famille Lévesque prévoit tenir une porte ouverte pour montrer les nouvelles installations à la population.