Évaluer l’impact des bruits sous-marins sur le béluga

Évaluer l’impact des bruits sous-marins sur le béluga

Déploiement d’une plateforme acoustique benthique entre Baie-des-Rochers et l’Île Blanche, réalisé à bord du NGCC LEIM de la Garde côtière par l’équipage du Leim et l’équipe du laboratoire d’acoustique sous-marine de l’Institut Maurice-Lamontagne en juin 2018 dans le cadre du Plan pour la Protection des Océans.

Crédit photo : Line Bourdages, Pêches et Océans Canada.

Des chercheurs de l’Institut Maurice-Lamontagne ont installé des stations d’écoute dans le fleuve Saint-Laurent de L’Isle-aux-Coudres aux Îles du Bic pour enregistrer les sons provenant de l’humain, des bélugas et de l’environnement.

«Le but est de comparer ces bruits et voir la nuisance potentielle», résume le chercheur à l’Institut Maurice-Lamontagne, Florian Aulanier. Ces plates-formes ont été installées dans l’eau en juin. Elles y passeront six mois, avant qu’on ne les récupère pour les analyser. Puis elles retourneront dans le fleuve pour continuer l’étude.

Le gouvernement fait de l’acoustique passive depuis la fin des années 1990 dans l’estuaire et le golfe, mais ce qui est nouveau dans cette étude, c’est l’ampleur et la densité de la recherche.

Les résultats serviront à cartographier la qualité acoustique de leur environnement, à déterminer les zones et périodes de plus grandes ou de plus faibles probabilités d’impact pouvant affecter leur survie et le rétablissement de cette population protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril au Canada.

«L’objectif est d’avoir une meilleure idée des risques des activités acoustiques d’origine humaine sur les bélugas», conclut Florian Aulanier.

Le bruit dans les milieux marins provient d’un large éventail de sources : activités industrielles, embarcations, mais aussi naturelles comme le craquement des glaces, les vagues, etc.

Le programme prévoit trois volets en tout, dont la cartographie des niveaux de bruits sous-marins en trois dimensions, la cartographie de l’utilisation de l’estuaire par le béluga afin de connaître la distribution horizontale et verticale des bélugas et l’étude du comportement des bélugas en présence de bruit de navigation. Dans ce dernier cas, ce sera grâce au déploiement coordonné de balises acoustiques placées sur les bélugas avec des ventouses, et de bouées acoustiques dérivantes. Celles-ci enregistrent les mouvements du béluga, ses vocalises et les niveaux acoustiques qu’il perçoit quand les bouées enregistrent le contexte acoustique dans les alentours.