Esprit de cantine : Nicolas Paquet nous fait découvrir l’univers des cabanes à patates

Esprit de cantine : Nicolas Paquet nous fait découvrir l’univers des cabanes à patates

Le Connaisseur à Tadoussac.

Crédit photo : Courtoisie

SAINT-ALEXANDRE — Avec son 5e film, Esprit de cantine, le cinéaste de Saint-Alexandre, Nicolas Paquet, nous invite à découvrir l’univers insolite des « cabanes à patates ». Son documentaire a été présenté en primeur lors des Rencontres internationales du documentaire de Montréal qui se tenaient du 9 au 19 novembre dernier.

Nicolas Paquet a choisi de mettre en lumière deux casse-croûtes dans son film : la Cantine Chez Mimi à Saint-Alexandre et le Casse-croûte Le Connaisseur à Tadoussac. « Je voulais deux endroits assez différents qui représentent différentes palettes de ce que peut être un casse-croûte », raconte le documentariste.

La Cantine chez Mimi est au cœur d’un milieu industriel et agricole. « Quelques places à l’intérieur où les clients peuvent s’asseoir font en sorte qu’il y a une interaction entre les clients et les gens qui cuisinent », souligne monsieur Paquet. À Tadoussac, un vieux camion transformé en restaurant représente davantage l’image emblématique de la roulotte à patates.

L’esprit des lieux

Le film s’appelle Esprit de cantine parce qu’il nous plonge dans l’esprit des lieux, dans l’atmosphère des casse-croûtes, explique Nicolas Paquet. On ne se questionne pas à savoir qui fait la meilleure poutine. On s’introduit dans la vie d’une cantine qui est un lieu important pour une communauté. « Comme client, dit-il, on n’a pas toujours accès à ce qui se fait en arrière dans les cuisines et à toute l’énergie que cela implique de maintenir ces lieux-là vivants. » Les cantines font partie de notre identité québécoise, croit le cinéaste.

Nicolas Paquet précise que ce sont en majorité des femmes qui gèrent et qui sont propriétaires de ces établissements. Il a voulu rendre hommage à ces femmes qui, par leur travail, amènent de la vie dans une communauté.

La survie des cantines

Nicolas Paquet soulève en outre la question de la survie des cantines alors que différentes menaces planent sur elles : que ce soit le changement des habitudes alimentaires, la présence de chaînes de restauration rapide, ou de faire sortir la route du village.

Je me suis dit que ça valait la peine d’en faire le sujet principal d’un film.

D’où lui est venue l’idée de faire un film sur les cantines? Lorsqu’il a tourné La règle d’or, son premier long métrage documentaire, le réalisateur s’est rendu à Malartic, en Abitibi, où 200 familles sont chassées de leur quartier où une mine d’or à ciel ouvert sera exploitée. Une des participantes était propriétaire d’une cantine. « Je me suis dit que ça valait la peine d’en faire le sujet principal d’un film », dit-il.

À la télévision

Le film de 77 minutes devrait être présenté dans la région à compter du printemps prochain. Une version de 52 minutes sera diffusée à Unis TV. Radio-Canada présentera deux segments de 22 minutes chacun.

En plus de Nicolas Paquet à la réalisation et à la scénarisation, on retrouve au sein de l’équipe François Gamache de Rivière-du-Loup et François Vincelette, à titre de directeurs photo. Monsieur Paquet a aussi fait le montage des images avec l’apport de Natacha Dufaux. Mélanie Gauthier signe le montage sonore. La musique originale est de Fred Fortin. Le film est produit par Karina Soucy et Nicolas Paquet.

Esprit de cantine est le 5e film de Nicolas Paquet. Il a réalisé L’âme d’un lieu (2009), La règle d’or (2011), Ceux comme la terre (2014) et Les sucriers (2016).