Entrevue avec Bernard Généreux

Entrevue avec Bernard Généreux

Stéphanie Gendron

Chaque semaine, l’équipe de rédaction du Placoteux vous présente une grande entrevue de type questions-réponses avec un candidat à l’élection fédérale du 19 octobre prochain. Cette semaine, le résumé de l’entretien avec le candidat du Parti conservateur, Bernard Généreux. 

Nom : Bernard Généreux
Âge : 53
Lieu de naissance : La Pocatière
Lieu de résidence : La Pocatière
Profession : entrepreneur
Implications politiques : Maire de La Pocatière (2005-2009), député fédéral (2009-2011)

Comment se déroule cette longue campagne électorale pour vous? 

Ça va très bien. Malgré que les gens trouvent que c’est une longue campagne, c’est une révélation pour moi. On a 58 municipalités sur le territoire et ça nous donne le temps de rencontrer les gens sur le territoire. Aux dernières élections, je n’avais pas mis beaucoup de temps pour le porte-à-porte, j’avais l’impression de déranger. Mais au contraire, les gens sont contents de nous rencontrer. Je fais minimum 5 h de porte-à-porte par jour. Il y a des hauts et des bas, c’est inévitable. Mais de façon générale, l’accueil est très bon. 

Les gens nous parlent directement ou indirectement de l’économie. On souhaite tous avoir une meilleure qualité de vie. Quels sont les éléments que nous, on peut apporter? C’est ce qu’ils veulent savoir. On a des enjeux très importants, comme le vieillissement de la population. Si on veut continuer à se développer ou à tout le moins garder nos acquis, il faut s’assurer d’amener de nouvelles familles ici. Ce n’est pas à cause du manque d’emplois… 

Le parti au pouvoir lors du déclenchement d’une élection est souvent celui qui doit essuyer le plus de critiques. Comment gérez-vous cet aspect de la campagne?

Inévitablement, le fait que l’on soit là depuis 9 ans peut être une épine dans le pied. On peut sentir une certaine fatigue par rapport au pouvoir. Mais en même temps les gens nous disent qu’on a fait la job, il y a une certaine forme de contradiction. Quand on regarde ce qui se promet de part et d’autre, on a été un parti très responsable fiscalement. La réalité est que si on élisait un gouvernement du NPD ou libéral, ce serait une explosion de taxes et d’impôts. Notre principe est que l’argent doit être dans les poches des citoyens. 

Le comté est grand, les enjeux diffèrent-ils selon les trois pôles (Montmagny, Kamouraska-L’Islet et Rivière-du-Loup)? 

Je peux dire que ce sont des réalités totalement différentes, même à l’intérieur d’une même MRC. Il y a des façons de travailler différentes. Il y a des enjeux qui sont régionaux, comme le tourisme fluvial avec la Stratégie maritime du Québec. On veut développer, mais encore faut-il mettre les bateaux à l’eau. On a une problématique qui est vraie à Berthier-sur-Mer, vraie à Saint-Jean-Port-Joli et vraie à Rivière-du-Loup, mais qu’on n’a jamais été capable de régler de façon concise. Il faut trouver une solution commune. C’est un exemple de comment moi, j’aime travailler.

Il y a aussi 1000 postes de disponibles sur le territoire de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup. La solution c’est d’aller se vendre à l’extérieur. Il faut créer un consortium régional avec des entreprises, des offices gouvernementaux, des organismes, et aller vendre notre région à Montréal, Toronto et ailleurs s’il le faut. On ne se fait pas connaître assez. Internet a des limites. Dans un salon, tu peux serrer la main de la personne et annoter son CV. Ça ne donne rien de faire des salons régionaux, on a fait le tour! On n’a pas un problème d’assurance-emploi ici, on a un problème d’employabilité.

Les entreprises qui font de l’innovation ont décrié le fait qu’il était plus difficile d’obtenir du financement dans ce domaine. Qu’en est-il? 

La Pocatière est le siège de l’innovation dans le comté. Pour les entreprises, effectivement les règles se sont resserrées au niveau de Centre national de recherche scientifique. Il y avait une interprétation de l’innovation… l’innovation avait le dos large. Les critères qui ont été resserrés, c’est pour le bien de tous. 

Quand on parle à des organismes qui font de l’innovation et qu’ils voient de l’argent donné à des entreprises pour de l’innovation, quand en réalité tout ce qu’elles font c’est changer une lame pour la mettre sur l’autre bord, on s’entend que ce n’est pas de l’innovation. Il y avait un ménage à faire. Les entrepreneurs sont des gens de défis qui se rendent compte qu’ils ont plus de difficultés à avoir de l’aide, ça les pousse à aller un petit peu plus loin dans leur recherche, de faire des choses différemment pour aller chercher cet argent-là.  

Ceci dit, il faut que les entreprises se fassent connaître. Je suis le king du « match making », je suis bon là-dedans, pour rassembler des gens, pour développer ensemble, faire connaître nos institutions de développement économique. 

Que pensez-vous des sondages de la présente campagne? 

Les conservateurs au Québec, on a toujours été marginal dans la province. On espère faire une percée, les éléments qui se passent sur le terrain sont particulièrement bons. Ça ne se reflète pas dans les sondages. Les gens sont conservateurs dans leurs expressions quand vient le temps de faire les sondages. Le résultat de l’élection de 2015 sera basé sur celui qui fera faire sortir le vote. 

Qu’attendez-vous des différents débats? Croyez-vous que vous serez attaqué de toute part? 

François Lapointe est très heureux de se faire aider par la FTQ, mais il aura les mains attachées après ça. Quand un syndicat t’aide à te faire élire, tu es redevable. Personnellement, je trouve cela indécent. Je n’aurais jamais accepté ça. 

Reste qu’on a retrouvé l’équilibre budgétaire, c’était important qu’on le retrouve. On a un ratio de PIB qui est le meilleur dans le G7 par rapport à notre population. On a fait nos devoirs économiques et on n’a pas à recevoir de leçon de personne. L’argent doit aller dans les poches des citoyens et non pas dans les structures à Ottawa. 

On (NDLR : son équipe électorale) est mieux structuré qu’à la dernière élection. Je fais plus de porte-à-porte. On connaît nos chiffres, on fait du pointage. On sait qui va voter pour nous, on n’appellera pas les gens qu’on sait qui ne voteront pas pour nous. C’est celui qui fera sortir le plus grand nombre d’électeurs qui va gagner. Il n’y aura pas de vague orange, il y aura un renouvellement par défaut parce que le Bloc est disparu et va disparaître, ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les journalistes et monsieur madame tout le monde… Les chiffres tendent à démontrer que ça va bien notre affaire. 

Est-ce une lutte à deux, dans le comté? (NDLR : Avec François Lapointe, candidat du NPD)

Je pense que oui. Je ne veux pas dénigrer ni Louis ni Marie-Josée. Je lève mon chapeau à ceux qui se présentent en politique. Faut avoir la couenne extrêmement dure. Je ne prends rien de personnel. Une personne m’a dit récemment : jamais je ne vais voter pour toi! J’accepte ça, c’est la démocratie. Ce n’est pas personnel. Ce n’est pas un travail facile, mais c’est passionnant. Rencontrer les gens, c’est très valorisant.