Éditorial : Une « draft » d’air frais souffle sur Rivière-Ouelle

Éditorial : Une « draft » d’air frais souffle sur Rivière-Ouelle

La Municipalité de Rivière-Ouelle.

Crédit photo : Nicolas Gagnon (Photo tirée du Facebook de la Municipalité).

Rivière-Ouelle revient de loin. Il y a 10 ans à peine, la petite municipalité d’un peu moins de 1000 habitants se remettait encore difficilement d’un crime sordide qui avait profondément marqué sa population. Dans les années suivantes, traverser le cœur du village pour aller manger une simple crème molle nous rappelait non seulement ce drame, mais la succession de maisons à vendre qu’on apercevait sur notre parcours n’envoyait clairement pas l’image d’un village au top de sa forme.

Puis est venu Star Académie en 2012. La célèbre télé-réalité de TVA a permis de faire découvrir au public québécois le grand talent de l’enfant chérie de Rivière-Ouelle, Sophie Pelletier. En se rendant en demi-finale du concours, l’auteure, compositrice et interprète a contribué indirectement à rassembler sa communauté, à faire oublier les heures noires qu’elle venait de vivre et à insuffler un vent de fierté chez les Rivelois.

Cette mobilisation, elle s’est renforcée au cours des dernières années. Pourtant, Rivière-Ouelle n’était pas au bout de ses peines durant tout ce temps. Thérèse-Martin, Hélène Lavoie, puis l’épicerie du village ont  fermé successivement. La population a continué à chuter pour passer sous la barre des 1000 habitants. Le Camp Canawish a même dû se résoudre à sauter une saison d’activité l’été dernier faute de moniteurs.

Malgré tous ces revers, Rivière-Ouelle n’a jamais fléchi. À force d’être exposés aux vents contraires, au sens propre comme au sens figuré, ses citoyens sont même devenus un exemple de résilience à suivre, canalisant cette énergie autour de projets novateurs, aux promesses de retombées qui font déjà saliver.

Il suffisait d’assister au dévoilement du plan de développement de la Municipalité le 21 mars dernier pour bien saisir toute cette force fédératrice à laquelle peu de citoyens semblent encore résister. Nettoyer et améliorer l’accès aux plages, se positionner comme pôle de tourisme généalogique, mettre en place un jardin communautaire et une cuisine collective. Autant de projets ambitieux, mais réalisables, si cette ferveur citoyenne ne s’estompe pas.

Et c’est sans parler de tout le dynamisme s’articulant autour du comité de bénévoles de la Chapelle du quai qui agit actuellement comme un des moteurs incontournables de la revalorisation du secteur de la Pointe-aux-Orignaux, un des deux premiers endroits au Québec qui obtiendra sous peu la désignation de paysage culturel patrimonial avec la Pointe-aux-Iroquois, elle aussi à Rivière-Ouelle!

Et ce n’est pas fini

Outre sa population, c’est tout le secteur privé et public rivelois qui a contribué à la vitalité de la municipalité depuis quelques années.

L’automne dernier, le Camping de Rivière-Ouelle investissait 150 000 $ pour relier ses installations au réseau d’aqueduc de la Municipalité. Il serait maintenant question d’augmenter la superficie du camping dans le futur.

Le CHSLD Thérèse-Martin, fermé en 2013 sous l’ancien régime du CSSS de Kamouraska, est devenu depuis l’épicentre administratif du CISSS du Bas-Saint-Laurent en terre kamouraskoise, en plus d’accueillir le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en troubles envahissants du développement (CRDITED).

Aux Tourbières Lambert, c’est 6 M$ d’investissements qui étaient annoncés récemment pour leurs installations du Bas-Saint-Laurent et de la Côte-Nord, permettant de doubler la superficie de leur usine d’ensachage de Rivière-Ouelle, construite en 2015.

Dans quelques semaines à peine, ce sera au tour du Camp Canawish de livrer promesse et de rouvrir ses portes à une centaine de campeurs avec une offre de service renouvelée et bonifiée.

Enfin, le dernier gros édifice à l’abandon, la Résidence Hélène Lavoie fermée depuis 2015, renaîtra cet été sous la forme d’une microbrasserie avec service d’hébergement convivial de 59 chambres. Encore une fois, il s’agit là d’un cadeau du ciel pour Rivière-Ouelle, quand on sait tout le renouveau que les microbrasseries apportent dans leur sillon au sein des villages où elles s’installent.

Bref, il n’y a pas à dire, c’est une véritable « draft » d’air frais qui balaye actuellement la capitale des vents! Et en ce début de mois de mai où le nordet en provenance de Rivière-Ouelle a tendance à souffler fort et à nous tenir éveillés, espérons juste que sa puissance inspirante contamine les communautés environnantes plus à l’ouest de la Ouelle, où trop souvent la morosité ambiante vient tuer les possibles avant même qu’on ne se soit mis à les rêver…