Les dépanneurs ont une histoire

Les dépanneurs ont une histoire

Magasin de Paul Roussel à Mont-Carmel.

Crédit photo : Archives de la Côte-du-Sud et du collège de Sainte-Anne.

La fermeture d’une petite épicerie ou d’un dépanneur est un phénomène qui soulève bien des inquiétudes dans les communautés locales aujourd’hui. Lorsqu’il est question d’en fermer un, cela soulève toujours un débat. Mais quelle est l’origine de ces dépanneurs?

Yves Hébert

L’ancêtre du dépanneur, c’est le magasin général. Il y en a dans presque toutes les paroisses de la région au XIXe siècle. Mais des commerces plus modestes existent aussi. Leur histoire est d’ailleurs difficile à reconstituer, car ceux-ci eurent souvent une vie éphémère. Se distinguant du grand magasin général où l’on trouve de tout, la petite épicerie de village répond à des besoins quotidiens, mais on peut parfois y trouver des vêtements, des cigarettes et du café. De petits luxes plutôt sucrés y sont vendus, entre autres les boissons gazeuses.

L’examen des photographies anciennes nous permet d’en savoir plus sur ce qui se vendait dans ces petits commerces. En façade et sur les côtés du magasin de Paul Roussel à Mont-Carmel, les enseignes des boissons gazeuses Coca Cola et Pepsi Cola annoncent des rafraîchissements populaires qui se font concurrence. Sur l’une d’elles, il est écrit Fortier. C’est l’enseigne des boissons gazeuses d’Elzéar Fortier de Québec qui ont été populaires avant les années 1960. À l’époque, le petit commerce de Paul Roussel offrait un service de livraison pour les habitants de Saint-Gabriel dans Kamouraska et de Saint-Bruno.

Les petits commerçants de proximité réussissent à rentabiliser l’entreprise familiale de diverses façons. À Saint-Bruno, vers 1912, Adélard Michaud utilise une partie de sa maison pour exploiter son entreprise. Au début des années 1900, Luc Lizotte de Saint-Pacôme accueille le bureau de poste de la municipalité dans son établissement. Vers 1930 à Saint-Denis, Joseph Paradis exploite un petit restaurant.

À la suite d’une loi provinciale adoptée en 1970 permettant aux commerces d’ouvrir le soir et les fins de semaine, on assiste à la création des premiers dépanneurs partout dans le Québec. Comme le magasin général des décennies précédentes, le dépanneur est depuis presque 50 ans un commerce de proximité utile, mais aussi un lieu de rencontre où se tissent des liens entre les gens.