Communiquer en temps de crise

Communiquer en temps de crise

Les inondations au Québec actuellement forcent le gouvernement Legault à mettre en pratique la communication en situation de crise.

Crédit photo : Jonathan Ford (Unsplash.com)

La joute politique se déroulait loin de Québec, ces jours-ci. Elle se jouait à Gatineau, en Beauce, dans les Laurentides. Et le gouvernement Legault n’affrontait pas les questions de l’opposition, mais les éléments.

Dominic Vallières

Communiquer en temps de crise est difficile. Vous occupez tout l’espace, rien d’autre ne compte. S’il est une constante en politique, c’est que tous les gouvernements doivent en gérer, qu’elles soient le fait de l’homme, comme SNC-Lavalin, ou de la nature, comme les inondations.

Philippe Couillard s’est retrouvé dans la même situation, Pauline Marois aussi, avec Lac-Mégantic, puis l’Isle-Verte.

C’est difficile, puisque vous parlez à plusieurs publics : la population en général qui suit la situation, les sinistrés qui sont à fleur de peau et qui sont peu réceptifs, leurs proches ou celles et ceux qui pourraient devenirs sinistrés à leur tour. C’est pourquoi on tente généralement de se limiter à donner des faits, qu’on tente de communiquer tous les jours comme l’avancée des eaux, l’état des lieux.

Évidemment, comme tous les yeux du Québec sont tournés vers vous, c’est parfois tentant de trop en faire et la ligne est mince. Nombreux sont les politiciens qui se font reprocher par les sinistrés de venir remplir 2-3 sacs de sable puis de quitter en même temps que les caméras. C’est parfois vrai.

À part le premier ministre, la ministre de la Sécurité publique et les maires, aucun autre élu ne décide de grand-chose en ce moment. Ce sont les cellules de crises qui gèrent et il y a peu de place pour les élus fédéraux ou québécois. La job des députés est donc d’aider où c’est nécessaire. Allez recueillir des dons, passez servir des repas aux sinistrés, allez sécuriser les digues. Faites-le pour votre monde, pas pour être vus. Les gens ont besoin d’empathie, la vraie. Et vous aurez besoin de comprendre par vous-mêmes ce qui se passe, pour quand viendra le temps de trouver des solutions.

Laissez le champ libre au premier ministre et à la ministre de la Sécurité publique. C’est leur moment. Je juge la communication de crise des gouvernements sur une échelle de 1 (le fiasco des voitures enneigées sur l’autoroute 13) à 10 (Lucien Bouchard lors du verglas). Le gouvernement Legault fait mieux que la note de passage.

Finalement, ayons tous une pensée pour celles et ceux qui perdent tout, victimes des eaux et de l’avarice. J’y reviendrai.