Baril conçu pour la chasse à l’ours

Baril conçu pour la chasse à l’ours

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Comme plusieurs chasseurs d’ours, je cherchais depuis longtemps une solution qui me permettrait d’espacer le plus possible mes visites pour ravitailler mon site appâté, tout en m’assurant que les ours qui arpentent mon territoire ne manquent pas de nourriture. Même si je suis un véritable passionné de chasse à l’ours, je dois avouer que c’est une chasse qui peut rapidement devenir très coûteuse, à cause principalement de la fréquence rapprochée de ravitaillement nécessaire du site et des différentes dépenses que cela engendre.

Ainsi, lorsque j’ai appris que Michel Lizotte, un résident du Nouveau-Brunswick, avait inventé un baril spécialement conçu pour la chasse à l’ours et permettant entre autres d’espacer les visites pour le ravitaillement, je suis immédiatement entré en contact avec lui. Après avoir échangé nos visions sur notre passion commune pour la chasse à l’ours, nous nous sommes entendus pour que je teste son fameux RIBB (Revolutional Intelligent Bear Barrel)Feeder lors de ma saison de chasse du printemps 2018.

Description et installation du RIBB Feeder

Le RIBB Feeder est un baril en métal de 35 gallons muni en son centre d’un cylindre sur toute sa longueur qui permet de le faire tourner sur lui-même. Le baril doit être installé à l’horizontale à 90 cm (3 pi) du sol et son moyeu doit être relié à l’aide de chaînes à deux arbres opposés, de chaque côté du baril. Il est recommandé de laisser un minimum de 60 cm (2 pi) de chaîne entre le point d’ancrage du baril et chaque arbre. De cette façon, l’ours ne peut pas vraiment prendre le contrôle du baril et l’endommager, il peut simplement le faire tourner sur lui-même pour faire tomber de la nourriture en petites quantités.

Le baril est doté d’une ouverture latérale juste assez grande pour permettre son ravitaillement avec une chaudière de cinq gallons. Pour éviter que l’eau ne pénètre dans le baril, le concepteur a percé des trous seulement dans la partie inférieure de ce dernier lorsque celui-ci est à l’horizontale. De plus, trois rabats en métal positionnés dans la partie supérieure du baril empêchent l’eau d’atteindre les trous. L’eau s’écoule plutôt de chaque côté du RIBB Feeder et la nourriture demeure intacte.

Le mélange recommandé

Michel Lizotte recommande de mélanger de l’avoine, du maïs rond, de la mélasse et de l’huile à patates frites dans une chaudière de cinq gallons, le mélange devant être bien humide. Deux chaudières de ce mélange sont amplement suffisantes pour ravitailler les ours d’un secteur de chasse pendant au moins une semaine, et ce, qu’ils soient au nombre de deux ou six.

Puisque je chasse personnellement dans un secteur très prisé par les ours, soit la présence possible d’une douzaine d’ours différents par site, j’ai décidé d’ajouter une troisième chaudière du mélange suggéré, et mes «invités» n’ont pas manqué de nourriture entre mes visites. Le poids supplémentaire de nourriture insérée dans le baril n’a pas non plus empêché les ours de le faire tourner pour accéder aux friandises.

Il est à noter que l’huile à patates frites a une double utilité. En effet, en plus d’être un ingrédient important dans les repas fournis aux ours, l’huile permet aussi de lubrifier le cylindre, ce qui l’aide à tourner sur lui-même très facilement. Michel dépose aussi dans le baril un morceau de poisson entier de bonne dimension qui rajoute une odeur supplémentaire pour attirer les ours du secteur. En début de saison, il est tout de même préférable de fixer une bombe d’odeurs en hauteur pour permettre aux ours de découvrir le site le plus tôt possible.

Conclusion

J’ai adoré chasser l’ours avec l’invention de Michel Lizotte. Chaque moment passé dans mon mirador était passionnant, car de ma position je pouvais observer l’interaction entre les divers ours de mon secteur qui se disputaient le monopole de la nourriture. Ces derniers ont visité plus souvent mon site de jour que lors des années précédentes, et le coût associé au nourrissage a diminué de moitié.