Anesthésiologiste : un travail colossal

Anesthésiologiste : un travail colossal

Jean-François Courval, président de l’Association des anesthésiologistes du Québec en action.

Crédit photo : Courtoisie

(NDLR : L’auteur de la lettre d’opinion est anesthésiologiste au CHUS de Sherbrooke, mais vient en renfort comme anesthésiologiste à l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima de La Pocatière)

Quel travail il y a eu pour organiser mon séjour chez vous!

Je suis impressionné de voir la quantité d’encre qui a coulé à ce sujet et le nombre de personnes s’étant mobilisé dans la ville, au CISSS, à l’Association et au Ministère afin que tous les astres s’alignent. En temps régulier, je suis anesthésiologiste au CHUS de Sherbrooke, mais cette semaine je suis anesthésiologiste à l’hôpital Notre-Dame-de-Fatima de La Pocatière. De mon humble point de vue, je trouve qu’un travail colossal dont tout le monde peut être fier a été fait dans le grand dossier des découvertures en anesthésiologie au Québec.

Je comprends totalement que lors des bris de services dans ma spécialité le temps est long. Il y a plusieurs conséquences aux bris de services : les accouchements sont détournés, les chirurgies programmées ou urgentes doivent être détournées, les examens endoscopiques sous sédation profonde ne peuvent plus avoir lieu et j’en passe. Plusieurs endroits au Québec ont dû faire face à cela. Je comprends aussi que même si la réponse à ce problème peut paraître simple à organiser, les enjeux sont complexes et intriqués et dépassent largement ma simple personne.

L’Association des anesthésiologistes du Québec (AAQ) et les divers hôpitaux nous informent depuis longtemps des besoins de la population. Les anesthésiologistes se promènent depuis bien longtemps à travers le Québec afin d’y répondre le mieux possible, mais le système est vaste et complexe et avait besoin d’une mise à jour pour assurer l’accessibilité aux soins. Le tour de force majeur réalisé récemment réside en la (re) structuration à grande échelle et la généralisation (lire : la mobilisation de la majorité des anesthésiologistes au Québec) de nos efforts pour offrir nos services à l’ensemble du territoire, peu importe nos régions d’appartenance. Avec ce plan, convenu entre l’AAQ, le ministère de la Santé et des Services sociaux et la Fédération des médecins spécialistes du Québec, nous arriverons certainement à faire mieux que ce que nous faisions jusqu’à maintenant. C’est un grand pas en avant!

Pour l’instant, les anesthésiologistes sont les seuls à être si avancés dans ce domaine. Nous sommes des pionniers et j’en suis très fier. Je vous réfère à tout ce que le Dr Courval, président de l’AAQ, a pu dire sur le sujet. 😉

Même si le projecteur a été sur nous ces derniers temps, je trouve aussi important de souligner que nous ne travaillons pas seuls. Pour accomplir notre travail, nous sommes assistés d’inhalothérapeutes compétentes, efficaces et dévouées. Elles sont notre bras droit dans tout ce que nous faisons. Il faut les protéger et les garder elles aussi. Nous avons également la chance de travailler avec des infirmières tout aussi compétentes, efficaces et dévouées ainsi qu’avec plusieurs médecins (spécialistes et généralistes) qui ne comptent pas leurs heures pour bien vous soigner quand ça ne va pas.

J’ai travaillé dans quelques hôpitaux au Québec. Malgré les immenses changements en cours sur le terrain, je constate que tous les gens que j’ai rencontrés ont à cœur de faire ce pour quoi ils se dédient depuis les bancs d’école : aider (contre vents et marées) ceux et celles qui en ont besoin, avec compétence et compassion.

Je ne sais pas quelle est l’origine du problème en anesthésiologie au Québec ou du délai inhérent à sa résolution. Tout cela est très complexe et je doute fort qu’un élément unique puisse être pointé du doigt (ou applaudi) dans ce dossier. Ce que je sais, par contre, c’est que nous sommes dans la bonne direction.

Frédéric Mior, anesthésiologiste