Un botaniste au lac Trois-Saumons, le Frère Marie-Victorin

Un botaniste au lac Trois-Saumons, le Frère Marie-Victorin

Crédit photo : Collection privée

Le Frère Marie-Victorin (Conrad Kirouac) (1885-1944) est célèbre pour avoir publié un immense traité sur les plantes du Québec, Flore laurentienne, et pour avoir fondé le Jardin botanique de Montréal. À l’été 1916, on le retrouve dans la région de L’Islet et au lac Trois-Saumons. Que vient faire cet érudit dans la région?

Yves Hébert

On s’en doute bien, le frère Marie-Victorin herborise dans la région avec trois frères novices dans le but de documenter le vaste herbier qu’il prépare sur la flore laurentienne. Ayant déjà publié La flore du Témiscouata, un petit livre de 125 pages, le naturaliste manie la plume avec beaucoup de poésie. Ses voyages et ses herborisations l’inspirent beaucoup et le naturaliste se laisse tenter par quelques élans littéraires. En 1920, il publie ses Croquis laurentiens où l’on y trouve deux textes, l’un sur le lac Trois-Saumons, l’autre sur le Rocher Panet à L’Islet.

Lorsqu’il s’étonne devant les eaux cristallines du lac Trois-Saumons, Marie-Victorin se veut écologiste avant la lettre et nous dit que l’homme passe à côté de la nature sans la voir « il la foule, l’écrase du talon ». Lors de son passage, il ne peut s’empêcher d’évoquer les Mémoires de Philippe-Aubert de Gaspé et la légende du père Laurent Caron au lac Trois-Saumons.

Lorsqu’il nous parle du Rocher Panet, il ne peut s’empêcher de rappeler la légende de cette îlette qui raconte la délivrance d’une jeune fille de forces maléfiques par le curé de la paroisse Jacques Panet. Lors de son passage, le curé aurait laissé les traces de son pied et celle de son chien sur le rocher d’où l’appellation Rocher Panet.

Passionné de géologie et conscient qu’il ruine la légende, Marie-Victorin nous dit que les prétendues empreintes sont des cavités qui se formées avec le temps dans la roche, lesquelles sont présentes partout dans les quartzites de la formation de Kamouraska. Portant un grand respect aux l’islétains et leurs légendes, Marie-Victorin conclut son texte de manière fort poétique.