Tourville, lieu de mémoire ferroviaire

Tourville, lieu de mémoire ferroviaire

Hôtel Mercure de Tourville en 1958.

Crédit photo : Raymond Boutet, Archives de la Côte-du-Sud et du Collège de Sainte-Anne.

Les noms de Terrien, Odel et Monk vous disent quelque chose? Pour les habitants de Tourville, petite localité sise à une trentaine de kilomètres au sud de Saint-Jean-Port-Joli, ces noms rappellent l’arrivée du chemin de fer Transcontinental. La construction et le passage de cette voie ferrée au début des années 1900 transforment le visage de cette localité qui devient une municipalité en 1918 et une paroisse, Saint-Clément de Tourville, en 1919.

L’occupation du territoire actuel de Tourville coïncide avec l’ouverture du chemin Elgin dans les années 1850. L’industrie du bois y attire certains commerçants et les premiers colons. Le marchand de bois de La Sarre, Howard Bienvenu, y exploite un important moulin à scie jusqu’en 1935. En 1937, Lionel Boucher prépare dans sa scierie près de 12 000 tonnes de produits forestiers pour être acheminés à la gare Monk.

L’arrivée du chemin Transcontinental donne un boum particulier au village. La gare Monk est l’endroit où se retrouve une ligne de division du chemin de fer séparée en huit voies. On y aménage un atelier de réparations pouvant accueillir dix locomotives, une chute à charbon et un réservoir d’eau.

Huit familles protestantes

Le village de Tourville forme une communauté particulière composée en bonne partie de journaliers travaillant au chemin de fer et de cultivateurs gagnant leur vie aussi dans l’industrie du bois. Vers 1918, le ministre presbytérien du rang Pinguet à Saint-Damase y découvre huit familles protestantes. Voyant l’absence d’écoles pour les enfants, l’initiative d’en construire une vient de la Women » s Missionary Society de Montréal.

À la fin des années 1930, le village compte quatre magasins généraux, deux restaurants et deux hôtels. Mais cette petite économie locale connaîtra un déclin dans les années 1950. Une tradition veut que le nom de Tourville vienne d’une compagnie immobilière la Tourville Realty (1913) qui aurait acheté des terres sur le territoire à l’époque dans le but d’y créer une ville.

Collaboration spéciale : Yves Hébert