À Saint-Pacôme, Claude Poirier se raconte…

À Saint-Pacôme, Claude Poirier se raconte…

Claude Poirier a partagé des anecdotes de sa carrière lors d’une conférence prononcée à l’église de Saint-Pacôme.

Crédit photo : Maurice Gagnon

Le 11 août 1960, un jeune homme en décapotable est témoin d’un vol à main armée à la Caisse populaire du Saut-au-Récollet à Montréal. Il communique alors avec la station de radio CJMS à partir d’une cabine téléphonique et raconte la scène en direct. La carrière de Claude Poirier comme chroniqueur judiciaire vient de commencer.

Le 7 octobre dernier, invité d’honneur de la Société du roman policier de Saint-Pacôme, Claude Poirier a prononcé une conférence résumant près de 60 ans de carrière.

Après cette première expérience à la radio, le reporter quitte son emploi dans l’entreprise de son père et, pendant huit mois, avec la complicité de sa mère, couvre la scène judiciaire pour CJMS, sans salaire, à bord d’une voiture qu’il a fait peindre des lettres de la station à ses frais.

En plus de sa carrière de chroniqueur, Claude Poirier sera appelé à intervenir comme négociateur sur 54 prises d’otage. Il a mené une vie que personne n’a vécu ou ne vivra. Croyant, il dit avoir été protégé par la providence, échappant à « trois contrats sur [sa] vie ».

Claude Poirier a partagé plusieurs anecdotes avec le public et sa vision de la profession journalistique. Pour lui, il est essentiel de donner les deux côtés de la médaille, ce qui l’a amené à fréquenter autant le milieu policier que celui des criminels.

Aussi, Claude Poirier a toujours honoré sa parole. « Quand on prend un engagement, on le respecte », affirme-t-il. De plus, selon lui, la force d’un bon journaliste, c’est sur le terrain. « Le plus difficile ce n’est pas de rentrer, c’est d’y rester. »

Avouant avoir vécu avec la peur, Claude Poirier raconte que les choses ont bien changé depuis ses débuts dans le métier. « Aujourd’hui, dit M. Poirier, il n’y a plus de respect dans le milieu criminel, comparativement à avant ».

Aujourd’hui, il n’y a plus de respect dans le milieu criminel, comparativement à avant.

Parmi les anecdotes, Claude Poirier a relaté un échange de valises dans le confessionnal d’une église dans une affaire d’enlèvement et comment il avait été témoin de la présence des chanteurs Jean-Pierre Ferland et Ginette Reno à un mariage de motards.

L’échec Cédrika

L’affaire Cédrika Provencher est un événement qui l’a beaucoup marqué. Les parents de la jeune fille avaient eu recours à ses services pour qu’il recueille des informations auprès du public.

Claude Poirier reçoit un appel d’un individu voulant le rencontrer sur le bord de la 40. Il comprend Saint-Sulpice et c’est là qu’il se rend. Personne ne se présente. Ce n’est qu’à la découverte du corps qu’il a deviné que la personne avait plutôt dit Saint-Maurice, là où se trouvaient les ossements. Cette information n’aurait probablement pas sauvé l’enfant, mais elle aurait peut-être permis de retrouver son corps plus tôt, croit le chroniqueur.

Quand il s’agit d’un enfant en bas de 12 ans, il faut tout de suite déclencher l’alerte AMBER et confier l’affaire à un corps de police qui a de l’expérience dans le domaine, soutient-il.

Selon Claude Poirier, ce qui empêche parfois la police de régler une affaire est le manque de preuves permettant de procéder à une arrestation. D’ailleurs, dans le cas de Cédrika la police a toujours un suspect dans sa mire, dit-il.

Claude Poirier travaille présentement sur deux projets, dont un portant sur les bavures policières au Québec.

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