Rivière-Ouelle : L’aboiteau dans l’anse de La Pocatière devrait être reculé

Rivière-Ouelle : L’aboiteau dans l’anse de La Pocatière devrait être reculé

Laurent Da Silva et Chantal Quintin présentaient les résultats de l’étude d’Ouranos touchant l’aboiteau de Rivière-Ouelle.

Crédit photo : Maxime Paradis

L’aboiteau allant de l’embouchure de la rivière Ouelle à l’embouchure de la rivière Saint-Jean, dans l’anse de La Pocatière, devrait être reculé partiellement, selon une analyse coûts-avantages des options d’adaptation en zone côtière à Rivère-Ouelle, menée par Ouranos, consortium sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques.

C’est le constat auquel arrive l’équipe de chercheurs, dont Laurent Da Silva et Chantal Quintin font partie. Ceux-ci étaient à la salle du Tricentenaire de Rivière-Ouelle, le 14 mars en soirée, pour présenter les résultats de leur étude.

À titre indicatif, Ouranos estime que le niveau du fleuve Saint-Laurent augmentera de 20 cm d’ici 2050 au Kamouraska et que la fréquence des tempêtes susceptibles d’occasionner des dommages importants à l’aboiteau étudié pourrait revenir tous les 10 ans dès 2055, plutôt qu’au 40 ans, comme c’est le cas à l’heure actuelle.

Zone à l’étude

Au Kamouraska, la zone d’étude privilégiée par Ouranos est l’aboiteau situé dans l’anse de La Pocatière, de l’embouchure de la rivière Ouelle à l’embouchure de la rivière Saint-Jean. D’une longueur de 4,2 km, la dernière réfection de cet aboiteau remonte à 1978. Il est haut de 3,9 m.

La problématique mise en évidence est la disparition graduelle du marais devant l’aboiteau qui agit comme zone tampon lors de tempêtes. Ouranos estime qu’il risque de s’éroder de 1,93 m annuellement dans son point le plus critique, dans le futur, exposant ainsi l’aboiteau à un risque accru de tempêtes, dans un contexte d’augmentation du niveau de la mer.

À l’intérieur d’une analyse coûts-avantages, Ouranos propose quelques pistes de solutions, en prenant la peine de mentionner que l’inaction n’est pas l’avenue la moins coûteuse. Au final, l’étude conclut qu’un recul partiel de l’aboiteau permettrait la régénération du marais sur une superficie d’environ 14 hectares, le protégeant ainsi de l’érosion. Chaque dollar consenti pour cette option générerait 1,37 $ d’avantages.

Réactions

Suite à cette présentation, certaines personnes ont demandé si les agriculteurs du secteur qui pourraient être touchés par le recul éventuel de cet aboiteau seraient ouverts à concéder une partie de leurs terres au fleuve. «Dans le secteur de la baie de Kamouraska, il y a quelques années, quand nous avons dû retravailler l’aboiteau, nos consultations avec des agriculteurs nous avaient permis de comprendre qu’ils seraient ouverts à une dépoldérisation [NDLR: Retirer l’aboiteau et rendre la terre à la mer], si les hectares de terres touchées étaient rachetés», de confier Valérie Labrecque, coordonnatrice du service de gestion intégrée de l’eau à la MRC de Kamouraska.

De son côté, le maire de Rivière-Ouelle, Louis-Georges Simard, mentionnait que les paliers gouvernementaux supérieurs devraient éventuellement donner le ton dans ce genre dossier. «Ce que les résultats de l’étude démontrent, c’est que les écosystèmes ont une valeur. Mais ce n’est pas naturel pour les gens de penser comme ça, donc il faudra du leadership plus haut pour faire comprendre cette réalité, comme ce fut le cas ailleurs, en Angleterre par exemple.»